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[Deliry C. 2026] – Biologie - In : Odonates du Monde (Histoires Naturelles) (2004-[2026]) – Version 35634 du 08.08.2024. – odonates.net

Biologie des Odonates

Voir aussi - Flore intestinale - Régénération


Les Odonates sont des Insectes d'origine tropicale qui sont relativement intolérants aux faibles températures. En ce qui concerne les espèces des zones tempérées, elles réalisent généralement leur cycle selon deux contraintes écologique : passer l'hiver (stade larvaire) et se reproduire selon la belle saison. Dans les zones tropicales lorsque les saisons sont alternées sèches et humide, la période humide est propice au développement larvaire dans les milieux aquatiques qui peuvent alors être saisonniers ([2021]). Le record d'altitude pour l'observation d'un Odonate est de 6300 m dans l'Himalaya. Il s'agit de l'observation d'un individu de Pantala flavescens (voir : Hupało & Tończyk 2016).

Valeur emblématique de la conservation des milieux aquatiques, les Odonates sont des Insectes hémimétaboles. La larve aquatique comprends en germe les organes de l'imago aérien et volant. On compte à ce jour 6495 espèces actuelles décrites et de nombreux fossiles. Les précurseurs des Odonates sont apparus avant que n'existent les Dinosaures, vers 325 Ma. Les premiers Odonates véritables apparaissent quant à eux au Jurassique vers 200 Ma ([2019]).
Parfois nommés Faucons des marais ou Tyrans des Insectes, les Odonates sont exclusivement carnivores tant à l'état larvaire qu'à l'âge adulte. Leurs yeux sont très développés et adaptés au comportement de chasse. Ce sont en proportion pour un animal les plus gros yeux connus. Mobilité du cou comprise, la vision se fait à 360°. Des espèces repèrent une proie immobile distante de 20 m et en mouvement à 50 m. Les ocelles au nombre de trois et situés sur le front renseignent les ailes sur la position relative de l'horizon et permet un guidage précis dans l'espace ([2019]).
Adapté à la chasse les accélérations en vol de ces Insectes peuvent être fulgurante et atteindre 30 G, soit cinq fois plus que celles atteintes pour un pilote d'avion de chasse avant qu'il ne perde connaissance ! Le système sanguin des Libellules est adapté à ce fonctionnement avec le corps qui baigne dans l'hémolymphe qui se répartie de manière homogène lors des accélérations. Leur vitesse passerait chez certains Anisoptères les 70 km/h. La chasse se fait à l'affut ou à courre, selon que les espèces sont percheuses ou patrouilleuses, parfois en groupes ou essaims. La nourriture des imagos se compose uniquement d'Insectes, mais certaines espèces capturent des Araignées dans leurs toiles. On connaît des cas d'Anisoptères ayant capturé de petites Grenouilles et même des Colibris. D'autres et parfois dans des populations locales, on constate des exemples réguliers de cannibalisme intra ou interspécifique ([2019]).
Dans l'autre sens les Libellules adultes sont les proies d'Oiseaux dont certains sont de véritables spécialistes de leur capture comme le Faucon hobereau (Falco subbuteo) en Europe ou le Tyran de Dominique ou Tyran gris (Tyrannus dominicensis) aux Antilles. Araignées, Frelons, Amphibiens sont autant de prédateurs des Odonates ([2019]).
Le vol est aussi propice aux migrations et certaines espèces comme Anax junius sont connues pour réaliser des déplacement aller-retour en plusieurs générations comme c'est le cas chez des Papillons. Pantala flavescens est connue pour savoir se déplacer en passant au-dessus de l'Océan Indien entre le subcontinent Indien et la corne de l'Afrique ([2019]).
Une fois les organes génitaux devenus fonctionnels, mâturant pendant une période où les individus s'éloignent généralement en vol des gîtes larvaires, les Libellules reviennent sur les zones aquatiques, d'abord les ♂, puis les ♀ où elles se reproduisent. La reproduction est très spéciale chez les Odonates. Le ♂ transfère sa semence jusqu'au pénis situé sous le début de l'abdomen à partir des gonades placées à la fin de l'abdomen. Ce placement en avant du pénis par rapport aux autres Insectes, permet l'accouplement en vol qui prends la forme bien connu de cœur copulatoire, généralement précédé par un déplacement du couple en tandem ([2019]).
Les ♂ choisissent souvent un territoire (terme parfois rejeté par certains auteurs !) et y attendent les ♀ afin que celles-ci pondent dans les meilleures conditions. Certaines espèces effectuent une parade nuptiale ou s'assurent de signaux visuels propres à permettre l'accouplement. Les œufs sont déposés après l'accouplement soit dans les végétaux (ponte endophytique grâce à un ovopositeur) ou librement (ponte exophytique : oeufs lâchés en vol, collés à la surface d'une feuille, laissés par des frappes régulières à la surface de l'eau ou en plongeant l'abdomen dans le milieu aquatique). Entre deux pontes, la femelle quitte les gîtes larvaires et doit attendre entre une et cinq journées avant de pondre à nouveau. Les espèces à ponte endophytique ont des oeufs généralement longs et cylindriques alors que les oeufs des autres Libellules sont plutôt ronds, parfois rassemblés dans des cordons gélatineux ou sous forme de masses à l'instar des pontes d'Amphibiens. Une Libellule peut pondre plus de 3000 oeufs en une seule séance reproductrice ; c'est ainsi le cas de Platetrum depressa. Les pontes réalisées au printemps conduise parfois à une nouvelle génération au cours de la même saison, celles réalisées en fin d'été doivent le plus souvent attendre - sauf sous les tropiques évidemment - le printemps suivant ou peuvent même mettre jusqu'à cinq ou six ans pour que les larves se transforment en adulte suite à un développement alors très lent comme chez Cordulegaster bidentata ([2019]).
Les larves (aquatiques) sont des prédateurs redoutables armés d'un masque extensible et préhensile, unique dans le monde vivant, mais dont le mécanisme ressemble techniquement à l'usage de la langue chez les Chaméléons. Les larves d'Odonates consomment d'abord de petits insectes aquatiques ou du zooplancton et ensuite des larves plus conséquences comme celles de Coléoptères ou des Crustacés, Mollusques, Tétards, Alevins et aussi leurs propre espèce ou des larves d'espèces différentes de Libellules (cannibalisme). Les larves sont à l'inverse les proies des Poissons, Oiseaux, Amphibiens ou Insectes. Elles peuvent se camoufler en se couvrant de sédiment, en changeant de teinte selon le support, en se tenant immobile ou chez des Anisoptères en rejetant de l'eau par le rectum ce qui repousse les prédateurs. Les larves d'Epiophlebia superstes, une espèce du groupe des Anisozygoptères connues au Japon peuvent émettre des sons stridulants qui contraignent les prédateurs à lâcher prise. Les larves de Zygoptères peuvent à la manière des Lézards, abandonner une patte ou une lamelle caudale à leurs agresseurs. Au terme de son développement, qui nous l'avons vu dure de quelques semaines à plus de cinq ans, les larves cessent de s'alimenter, le masque préhensile devenant non fonctionnel, et s'exercent en sortant de temps à autre de l'eau ou venant à sa surface afin d'éprouver les voies respiratoires aériennes. Alors l'émergence survient sur un support généralement rigide, souvent végétal. La peau larvaire se fends sur le dos et l'imago dans sa forme subémergente ou ténérale se libère progressivement de son exuvie. Enfin les ailes se gonflent et se développent avant le premier envol. Elles sèchent ensuite plus ou moins vite selon les espèces et les conditions de l'environnement. Lors des émergences les Libellules risquent alors d'être la proie de Fourmis par exemple : elles sont très vulnérables dans cette étape de sa vie nommée métamorphose imaginale. En conséquence certaines grandes espèces réalisent leur métamorphe la nuit (Anax imperator par exemple). Par ailleurs des Gomphes comme Onychomphus forcipatus réalisent leur transformation très rapidement, ce qui évitent que cette espèce rhéophile soit emportée par le courant alors qu'elle émerge au niveau de galets sortant à peine de la rivière ([2019]).

Dragonfly from Andy Holt on Vimeo.

Le système digestif ne diffère pas de celui des autres Insectes. Il est composés de trois parties : mesodeum (bouche, œsophae et une structure régulant le passage des aliments), stomodeum ("estomac", structure intestinale à fonction digestive) et proctodeum (rectum et anus agissant dans l'expulsion des "excréments").

Le système nerveux est composé d'une anneau cervical suivi de cordons nerveux métamérisé selon l'axe thoraco-abdominal en position ventrale. Le "cerveau" comprend trois régions (proctocerveau"" associé aux yeux, deuterocerveau associé aux antennes - très petites - et tritocerveau commandant les fonctions générales).

Le système respiratoire a une structure très différente selon le stade, nymphal (cf. "larvaire") ou imaginal. Les Zygoptères présentent des lamelles caudales chez les nymphes assurant les échanges des molécules respiratoires (CO2 et O2) avec l'environnement aquatique alors que chez les Anisoptères une ampoule rectale joue la même fonction, couplée à une capacité de gonflement - éjection de l'eau permettant la propulsion des nymphes en particulier pour les nymphes nageant entre deux eaux. Les "trachéobranchies" sont reliées à une tubulure trachéale qui parcoure l'ensemble du corps de ces animaux. Chez les imagos, le système trachéal est relié à des petites ouvertures ponctuant la structure métamérique assurant la même fonction de circulation des gaz respiratoires dans l'espace aérien.

La circulation de substances dans le corps de ces animaux (Système circulatoire) est ouvert comme chez l'essentiel des Arthropodes, doté d'une petite pompe musculaire assurant la circulation des liquides internes fondé sur l'hémolymphe. L'hémolymphe couplée au système trachéen poursuit l'ouvrage de diffusion des molécules respiratoires jusque dans l'espace intime de chaque cellules de l'organisme.

Références sur la Biologie

Bellmann H. 1987 - Libellen beobachten - bestimmen. - Neumann-Neudamm, Melsungen.
Byers C.F. 1941 - Notes on the emergence and life history of the dragonfly Pantala flavescens. - Proc. Fla. Acad. Sci., 6 : 14-25.
Corbet P.S. 1980 - Biology of Odonata. - Ann. Rev. Ent., 25 : 189-217.
Corbet 1983 - [à préciser !]
Corbet P.S. 1999 - Dragonflies : Behavior and Ecology of Odonata. - Cornell University Press, Ithaca, NY. & Harley Books, Colchester, UK.
Corbet P.S. 2004 - Dragonflies : Behavior and Ecology of Odonata. Revised edition. - Cornell University Press, Ithaca, NY. & Harley Books, Colchester, UK.
Córdoba-Aguilar A. (ed.) 2008 - Dragonflies & Damselflies. Model Organisms for Ecological and Evolutionary Research. - Oxford Biology.
Córdoba-Aguilar A., Beatty C. & Bried J. (ed.) 2022 - Dragonflies and Damselflies: Model Organisms for Ecological and Evolutionary Research. 2nd Edition. - Oxford univ. Press.
de Réaumur R. 1742 - Mémoire pour servir à l’histoire des Insectes. Onzième mémoire. Des mouches à quatre aisles nommées Demoiselles. - Imprimerie royale, Paris [Demoiselles] : 387-457. - PDF
de Visscher M.N. 1990 - Une journée de la vie des libellules. - Insectes, 79 : 13-16. - PDF LINK
[Deliry C. 2021] - Odonates du Monde. - Histoires Naturelles, première mise en ligne en 2004. - odonates.net
Hupało K. & Tończyk G. 2016 - Ważki (odonata) siedlisk wysokogórskich - [Libellules (Odonata) des habitats alpins]. - Kosmos, 65 (2) (311) : 267-275. - PDF LINK
[a] Jourde P. 2010 - Les Odonates. Biologie et écologie. 1ère partie. - Insectes, 157 : 3-8. - PDF LINK
[b] Jourde P. 2010 - Les Odonates. Biologie et écologie. 2ᵉ partie. - Insectes, 158 : 31-35. - PDF LINK
Kennedy C.H. 1917 - Notes on the life history and ecology of the dragonflies (Odonata) of central California and Nevada. - Proceedings of the United States Museum, 52 :483-635.
Le Merrer C. 2020 - A la rencontre des odonates de la Drôme ! - Chez l'auteur.
Paulson D. 2019 - Dragonflies and Damselfles : A Natural History. - The Ivy Press.
Tillyard R.J. 1917 - The biology of Dragonflies. - Cambridge, univ. press : 396 pp. - PDF LINK
Tyagi B.K. 2007 - Odonata Biology of Dragonflies. - Scientific Publisher.

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